« Nous ne pouvons pas demander à la mer de nous donner davantage tout en lui donnant moins de protection. » C’est le message lancé par la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Fatima Camara, à l’occasion d’un atelier consacré à la validation des statuts et du règlement intérieur des Associations locales de cogestion des pêcheries (ALCP), ce mercredi à Conakry.
La rencontre, organisée avec l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), à travers le projet Blueval, vise à renforcer la participation des communautés à la gestion durable des ressources halieutiques.
À cette occasion, la cheffe du projet Blueval, Mme Kaoru Takahashi, a souligné l’importance des ALCP pour l’avenir de la pêche artisanale. Ces structures doivent permettre aux communautés et à l’administration de travailler ensemble sur la gestion des ressources, le fonctionnement des ports de pêche et la résolution des difficultés locales.
« L’ALCP est par essence un organe de cogestion, fondé sur un partenariat entre les communautés de pêche et l’administration », a-t-elle déclaré.
Le processus, engagé notamment avec les communautés de Kaporo et de Boulbinet, doit désormais conduire à l’élection des bureaux exécutifs des différentes associations. Le projet Blueval entend accompagner cette dynamique tout en laissant la responsabilité du processus aux institutions guinéennes et aux communautés.
La cogestion, une responsabilité partagée
De son côté, Fatima Camara a rappelé le poids économique et social du secteur. Selon les chiffres qu’elle a avancés, plus de 435 000 tonnes de poissons ont été mises sur le marché guinéen en 2023. La pêche représenterait environ 4,5 % du PIB et près de 300 000 emplois directs.
Pour la ministre, ces chiffres représentent surtout des milliers de familles qui dépendent de la pêche pour leurs revenus. Elle estime donc que les communautés doivent être davantage associées aux décisions concernant la gestion des ressources, grâce à leur connaissance des réalités du terrain.
« Il est donc normal qu’ils soient davantage associés aux décisions qui concernent la gestion de cette ressource », a-t-elle déclaré.
Fatima Camara a toutefois rappelé que la cogestion ne signifie pas un retrait de l’État. Celui-ci doit continuer à fixer les règles, assurer leur respect et exercer ses missions de surveillance et de contrôle.
À travers les ALCP, le gouvernement entend ainsi favoriser une gestion plus participative et durable des ressources halieutiques, avec un objectif central : préserver la mer pour garantir les moyens de subsistance des communautés de pêche.
Naby MS
