La décision du président de la République accordant une mesure de grâce à plusieurs détenus continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Parmi elles, celle de Dr Faya Lansana Millimono, président d’honneur du Bloc Libéral, qui salue la libération des bénéficiaires tout en émettant des réserves sur certaines dispositions du décret.
Réagissant à cette décision, Dr Faya Millimono a exprimé sa satisfaction de voir les personnes concernées retrouver leur liberté, notamment les 217 bénéficiaires du décret.
« Lorsque la liberté est privée à un citoyen, ça fait très mal. Et on est surtout content lorsque cette liberté-là est retrouvée », a-t-il déclaré.
Pour le responsable politique, cette libération constitue également un soulagement pour les familles des détenus concernés.
« C’est le sentiment que j’ai ressenti parce qu’à l’UBA et au-delà, les 216 autres compatriotes qui ont bénéficié de ce décret, j’imagine un peu ce qu’ils vivaient. Et j’imagine un peu la joie que cela a amenée dans leurs familles respectives », a-t-il ajouté.
Toutefois, Dr Faya Millimono dit avoir examiné le contenu du décret avec son équipe juridique. Il estime notamment que l’article 2, qui prévoit un stage de 45 jours, soulève des interrogations sur le plan juridique.
« Je suis très, très content et j’ai fait lecture avec l’aide de mon équipe juridique et je n’ai pas trouvé que l’article 2 de ce décret avait son sens dans le contexte juridique », a-t-il expliqué.
Selon lui, le fait de conditionner la liberté retrouvée à l’accomplissement d’un stage de 45 jours ne serait pas conforme, à ses yeux, à l’esprit des textes en vigueur.
« Subordonner la liberté ainsi retrouvée à un stage de 45 jours, j’ai trouvé que cela n’était pas en phase avec les lois du pays », a-t-il soutenu.
Dr Faya Millimono entend désormais faire part de cette préoccupation au président de la République. Tout en reconnaissant le pouvoir présidentiel en matière de grâce, il souhaite que les modalités accompagnant cette décision soient également examinées.
« Je compte utiliser ces moments pour dire au président de la République : oui, la grâce présidentielle, c’est le pouvoir que vous avez reconnu, vous l’avez exercé », a-t-il indiqué.
La mesure de grâce permet ainsi aux bénéficiaires de retrouver leur liberté. Pour Dr Faya Millimono, le débat porte désormais sur la portée juridique et l’application des dispositions qui accompagnent cette décision présidentielle.
Naby Moussa Soumah
