À l’approche du congrès électif de la Fédération Guinéenne de Football (Féguifoot), le débat sur un éventuel consensus revient au-devant de la scène. Pourtant, au regard des crises qui ont profondément fragilisé l’institution ces dernières années, une question s’impose : faut-il encore chercher à fabriquer un consensus ou laisser les urnes décider librement ?
Le précédent Comité exécutif était composé de 13 membres. Mais cette équipe n’a pas réussi à préserver son unité. Les divisions internes et les désaccords ont progressivement fragilisé le fonctionnement de l’instance, jusqu’à une situation où seuls sept membres ont continué à exercer leurs responsabilités. Un tel scénario devrait interpeller tous ceux qui souhaitent aujourd’hui reproduire une formule de compromis.
Le consensus n’est pas mauvais en soi. Dans certaines circonstances, il peut contribuer à rapprocher les positions et à favoriser la stabilité. Mais un consensus imposé ou construit autour de calculs politiques et d’intérêts particuliers ne garantit ni la cohésion ni la réussite d’une équipe dirigeante.
Le football guinéen a surtout besoin d’une direction bénéficiant d’une légitimité claire, issue d’un processus électoral transparent et accepté par tous.
Le prochain président de la Féguifoot ne devrait donc pas être le produit de négociations de couloir, d’arrangements entre groupes ou d’une entente de circonstance. Il doit être choisi par les membres statutaires sur la base d’un projet, d’une vision et d’une capacité réelle à rassembler.
L’enjeu du prochain congrès dépasse largement la simple désignation d’un président. Il s’agit de déterminer la direction que prendra le football guinéen pour les prochaines années : gouvernance, compétitions nationales, développement des jeunes, infrastructures, formation, football féminin, arbitrage et relations avec les instances internationales.
Dans ce contexte, les candidats doivent être jugés sur leurs programmes, leurs compétences, leur expérience et leur capacité à restaurer la confiance. Les membres statutaires, eux, doivent exercer leur responsabilité en toute liberté.
La Féguifoot n’a plus besoin d’un président fabriqué par un consensus fragile. Elle a besoin d’un président choisi par les urnes et porté par une véritable légitimité.
Le prochain congrès doit donc être un rendez-vous de responsabilité. Les spéculations, les rumeurs et les calculs de coulisses ne devraient pas prendre le dessus sur l’essentiel : le projet pour le football guinéen.
Après les divisions qui ont marqué la gouvernance de l’institution, le moment est venu de tirer les leçons du passé. Si le consensus permet de rapprocher les acteurs autour d’un projet commun, tant mieux. Mais s’il vise à éviter le véritable choix électoral, il risque de reproduire les mêmes erreurs.
Cette fois, que les projets parlent, que les candidats convainquent et que les urnes tranchent.
Car pour sortir durablement la Féguifoot de la crise, il ne suffit pas de fabriquer une unité de façade. Il faut construire une légitimité solide, une équipe cohérente et une gouvernance capable de résister aux divisions.
Le prochain président doit être choisi, pas fabriqué.
Par Marif Youla ( Journaliste Sportif)
