Jamais dans l’histoire récente de notre pays, la justice guinéenne n’a semblé aussi affaiblie que sous la transition dirigée par le Général Mamadi Doumbouya. Aujourd’hui, elle est reléguée au second plan, supplantée par des agissements du Haut Commandement de la Gendarmerie nationale, dirigé par le Général Balla Samoura, qui agit en marge des procédures judiciaires établies.
Le dernier épisode en date illustre cette dérive : l’arrestation musclée et arbitraire de Dr David Makongo, Président Directeur Général de la Fondation MAFAC. Selon des témoins, il a été interpellé mercredi dernier dans l’enceinte du ministère des Mines et de la Géologie, alors qu’il s’y rendait pour un rendez-vous avec le ministre Bouna Sylla. Depuis, il est détenu à la Direction Centrale de l’Investigation Judiciaire du Haut Commandement de la Gendarmerie nationale, dans des conditions qualifiées d’inhumaines et en violation flagrante de ses droits.
Une arrestation sans mandat ni justification
Dr Makongo, reconnu comme l’un des principaux investisseurs du pays et un soutien actif au régime de la transition depuis l’accession au pouvoir du Général Mamadi Doumbouya, a été appréhendé sans qu’aucun mandat ne soit présenté. Selon un témoin oculaire, il se trouvait dans la cour du ministère lorsque des individus en uniforme l’ont brutalement interpellé :
« Dr David Makongo est arrivé au ministère des Mines pour son rendez-vous. Peu après, des hommes en uniforme sont venus l’interpeller sans présenter de mandat. Ils lui ont tordu les bras avant de le forcer à baisser la tête pour l’emmener dans leur véhicule », a rapporté le témoin.
Une détention controversée
Malgré les démarches entreprises par ses avocats pour que son dossier soit transmis à un juge compétent, le Haut Commandement de la Gendarmerie, sous l’autorité du Général Balla Samoura, s’opposerait fermement à cette requête, d’après des sources proches du dossier. Pendant ce temps, Dr Makongo reste incarcéré, coupé de ses proches et sans accès à ses droits fondamentaux.
Sa famille, ses collaborateurs et ses partenaires s’inquiètent profondément, car aucune information officielle ne leur a été communiquée sur les raisons de cette arrestation. Cette situation s’inscrit dans un contexte où de nombreuses personnalités civiles et militaires subissent des traitements similaires, alimentant un climat d’angoisse et d’inquiétude.
Une image ternie de la République
De plus en plus de citoyens dénoncent ces arrestations arbitraires, qui jettent une ombre sur la gouvernance de la transition. Ils appellent le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, à intervenir rapidement pour mettre fin à ces dérives et rappeler au Haut Commandement de la Gendarmerie ses obligations envers la justice et l’État de droit.
Affaire à suivre…
Ibrahima Limbita Camara












