L’opérateur économique et PDG de la société Hamana, Mohamed Kourouma, a animé ce mardi 6 octobre 2026 une conférence de presse à la Maison de la presse de Conakry. Cette rencontre avait pour objectif d’échanger sur les questions essentielles de la Nation, notamment le développement du secteur privé et la nécessité de renforcer les relations entre l’État et les acteurs économiques.
À travers cette rencontre, Mohamed Kourouma a également plaidé pour l’instauration d’un cadre institutionnel fondé sur la confiance entre l’État et le secteur privé, afin de favoriser le développement économique du pays.
Selon lui, il est urgent de créer un climat favorable aux affaires en Guinée.
« Il faut favoriser un climat d’apaisement dans le climat des affaires. Le secteur privé ne marche pas en Guinée, le secteur privé guinéen souffre, il n’a pas d’argent. On se combat entre nous. Le retard de la Guinée, c’est nous-mêmes. Donc, il est temps de se donner la main pour choisir la Guinée et abandonner les crises », a-t-il déclaré.
Crise de l’eau : Mohamed Kourouma réagit à l’interdiction des sachets plastiques
La question de l’eau potable a également occupé une place importante dans les échanges. Les populations font actuellement face aux conséquences de l’interdiction des plastiques à usage unique, notamment les sachets d’eau, une mesure entrée en vigueur le 21 septembre dernier.
Cette situation a rendu l’accès à l’eau potable particulièrement difficile dans plusieurs zones du pays, suscitant des inquiétudes quant aux risques sanitaires liés notamment aux maladies hydriques et diarrhéiques.
Sur le thème « Économie guinéenne : rôle du gouvernement et du secteur privé », Mohamed Kourouma a tenu à saluer le civisme de la population, qui, selon lui, s’est rapidement conformée à la nouvelle réglementation.
« Il faut féliciter la population guinéenne. Depuis l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques à usage unique, l’eau en sachet a disparu en trois jours. Cela veut dire que le Guinéen a commencé à comprendre qu’il faut respecter la loi. C’est la loi qui est importante. Donc, il faut féliciter les Guinéens et la population », a-t-il souligné.
Une production d’eau en bouteille encore insuffisante
Pour le PDG de Hamana, l’eau conditionnée en sachet représentait jusqu’ici environ 85 % du marché, contre seulement 15 % pour l’eau en bouteille.
L’arrêt du conditionnement en sachet a ainsi eu un impact important sur l’offre disponible, les capacités actuelles de production d’eau en bouteille ne permettant pas, selon lui, de répondre immédiatement à l’ensemble des besoins de la population.
« En Guinée, ce sont les sachets et les bouteilles qui sont utilisés pour la consommation d’eau. 85 % de la population utilisaient l’eau en sachet contre 15 % pour les bouteilles. Avec l’interdiction de l’utilisation des plastiques à usage unique, les sachets d’eau ont disparu. Maintenant, les 15 % de bouteilles d’eau disponibles sur le marché ne suffisent pas à toute la population. C’est pour cela qu’il y a eu une crise d’eau. Pour produire 100 % de bouteilles d’eau, cela va prendre du temps. C’est la difficulté qu’il y a en ce moment. Il faut se dire la vérité », a réitéré Mohamed Kourouma.
Pour conclure, l’opérateur économique a estimé que l’État doit avant tout accompagner la population et le secteur privé dans la recherche de solutions adaptées. Il a assuré que des réflexions sont en cours au niveau gouvernemental, tout en se disant convaincu qu’une solution pourrait être trouvée dans les meilleurs délais.
Naby Moussa Soumah
